Sonate à six mains
Je pense qu’il est très tard ou très tôt peut être, trois garçons, une fille, de la drogue…
A un moment, je m’écroule sur le canapé, j’ai ma tête sur des genoux, mes jambes sur d’autres jambes. Je sens qu’on me caresse les fesses, la nuque. Des doigts se glissent dans les fentes de mon jean déchiré.
A un moment, j’entends F. qui souffle mon nom et je lui donne ma main qu’il presse et caresse avec délectation.
On me prend par la main pour aller dormir alors que nous en sommes tous incapable.
Je suis allongée dans ses draps incroyablement frais.
Au milieu de ce lit, je ferme les yeux pour mieux ressentir toute ma peau en effervescence et là je sens de nouveau les mains… qui arrivent, explorent m’attrapent une cuisse, un sein, qui caressent ma bouche, qui pincent ma peau qui m’agrippent…
Une bouche sur mon ventre, des dents sur mon cou, ma main sur une bite, une érection contre mes fesses et toutes ses mains qui semblent se démultiplier.
Des mains sans visages, des kilomètre de corps, de peau sans personalité.
Je les connais mais cette nuit, ce matin, ce ne sont que des étrangers sans existence qui sont contre moi.
L’avantage essentiel des drogues est qu’elles vous permettent de faire comme si de rien n’était au réveil.
La vie continue, mais reste cette étrange émotion qui m’a retournée le ventre, cette troublante excitation d’être plusieurs.
Qui sait, la prochaine fois, je n’arrêterai pas la machine si tôt.


J’ai aimé ta façon de nous raconter, à la fois nuancée et très excitante.
Thanks !