Je n’ai jamais eu autant l’impression d’être de l’autre coté du miroir. J’ai suivi un lapin blanc et j’ai découvert un monde que j’imaginais si peu.
J’ai découvert la passion et les larmes de ces hommes. J’ai côtoyé leur peines de cœurs et leurs souffrances, leur doutes et leur amour.
Par mon caractère même et mes défauts, on m’a souvent reproché de ressembler un peu trop aux hommes. Je me sens souvent plus proche d’eux. En fait je les aime profondément et d’être leur amie me permet d’être la femme qui reste… celle qui est là malgré la valse des relations.
Vu la propre valse des hommes de ma vie, c’est le seul moyen et le plus agréable que j’ai trouvé pour être près d’eux et ne pas les perdre.
Ici, je suis la seule fille du groupe à être de toutes les soirées, tenant l’ivresse et la fête mieux que certain. Mais en même temps, je suis la confidente de leur coup de cœur, parfois une mère qui les embrasse sur le front quand ils sont fiévreux, une amante quand le désir nous enflamme, un pote de beuverie, une fifille capricieuse qui les fait rire quand elle veut sa bière, une maîtresse qui les gronde quand ils font n’importe quoi…
Et eux ils me protègent, me baisent, me font l’amour, se moquent de moi et prennent des fotos et rigolent de nos excès commun. D’ailleurs ils m’appellent par mon nom de famille, ce qui est quelque chose de typiquement masculin mais je suis leur petite protégée, leur consentidora…
Ils connaissent tous mes vices et mes drogues, ma fidélité toute relative, je connais leur secret et leur infidélité. Et pourtant je n’ai jamais autant compris leurs solitudes et leur incompréhension. Quand mon parrain de tatouage tombe dans mes bras en larmes, pleurant sur son divorce, sur sa fille de 4 mois, quand le Colocataire m’appelle a 5h du matin juste pour me parler de sa solitude, quand César m’exprime ses doutes et ses peurs, quand mon Capitaine parle de sa belle allemande avant de ramener une de ses maitresse chez lui…
Je suis là pour leurs blagues de caserne et leur excès, témoins leur lâcheté et leurs valeur, mais j’ai surtout découvert une vraie pudeur, des hommes profondément amoureux et passionnés, des hommes blessés au combat…
J’ai découvert des femmes fortes et castratrices, des femmes violentes et manipulatrices. Des lionnes colériques et impitoyables.
Je nous ai découvert…
J’ai découvert le véritable prix de notre exigence envers les hommes…

Alice by Sigu via le site deessedechue.unblog.fr
Je suis définitivement passé de l’autre coté du miroir, on m’a laissé entrevoir un véritablement monde que mon éducation féministe et matriarcale m’avait fermé.
Mais comme toute porte d’un monde parallèle, elle ne peut rester ouverte indéfiniment et, à un moment, je me réveillerai, Alice, au creux de son arbre.
Mais alors je serais toujours Lewis Caroll qui écrivait pour retrouver ce monde fermé à jamais.

Un peu de vous...